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Les conséquences du Brexit pour les entreprises

Le 12 décembre 2018, Thérèsa May a remporté le vote de confiance du parti conservateur. Une victoire à la Pyrrhus qui a démontré qu’un tiers des membres de son propre parti ne l’estimait pas légitime pour conduire les négociations du Brexit.  Un déficit de légitimité qui laisse planer de forts doutes quant à sa capacité à convaincre un Parlement où plus nombreuses sont les oppositions que les soutiens. Comment les entreprises se préparent-t-elles alors à une rupture de plus en plus certaine avec notre sixième partenaire commercial ? 

« Hope for the best, prepare for the worst”.

Même avec le délais permis par l’accord négocié par May à Bruxelles, la sortie de l’Union Européenne est inévitable. L’importance de la préparation est alors extrême et concerne à la fois Bercy et toutes les entreprises entretenant des relations avec le Royaume-Uni. Aujourd’hui, pas moins de 30 000 entreprises exportent outre-Manche. Même si une période de transition donnerait plus de temps d’adaptation aux entreprises concernées, il leur est nécessaire de se préparer au pire. 

Les conséquences directes d’une sortie de l’Union. 

Du jour au lendemain, au 31 mars 2019, le Royaume-Uni pourrait être considéré comme un pays tiers avec lequel la France n’aura alors conclu aucun accord commercial. Un guide rédigé par Bercy synthétise les conséquences à prévoir en cas de rupture sèche avec notamment le rétablissement des formalités de douane et des contrôles sanitaires. Alors qu’aujourd’hui seulement 1% des chargements sont contrôlés, ces procédures supplémentaires pourraient se matérialiser par d’importants temps d’attentes pour les camions en charge du transport de marchandise. Le port de Douvres, situé dans le sud de l’Angleterre, a ainsi calculé que le rétablissement de contrôles systématiques pour les poids lourds, évalué à 2 minutes en moyenne par véhicule, conduirait à la création de 27 kilomètres d’embouteillages à ses abords.

« Pour la première fois de ma vie de ministre, j’ai l’impression que l’administration est prête avant les entreprises ». 

Auditionné par la Commission spéciale Brexit de l’Assemblée Nationale, c’est ainsi que Gérald Darmanin regrettait le manque de préparation des entreprises. Bercy souhaite se placer comme accompagnateur des entreprises par l’appui de la douane en région pour assister les acteurs économiques afin de limiter au mieux les effets négatifs du Brexit et d’en saisir les opportunités.

« Tired of the fog? Try the frog »

C’est le titre choisi pour une campagne publicitaire de la société gérant la communication du quartier d’affaires de la Défense pour inciter les investisseurs à franchir le tunnel sous la Manche. Le gouvernement a déjà lancé en 2016 une stratégie nationale sous Manuel Valls avec le lancement d’un guichet unique pour les entreprises étrangères désirant s’informer en vue d’une installation en région parisienne. La concurrence entre « partenaires » est toutefois forte : Francfort attire ainsi les grandes banques de par l’implantation de la BCE en son sein, et le Luxembourg compte jouer de ses avantages fiscaux pour tirer lui aussi une part des retombées économiques du Brexit. La bataille fait donc rage entre les capitales européennes pour attirer les emplois quittant la City et à la recherche d’un environnement économique plus stable.